Troisième semaine du Carême de la communauté de Urda.

Les Servantes du Coeur de Jésus sont présentes en Espagne dans l’archidiocèse de Tolède. Nous nous trouvons dans la zone sud de l’archidiocèse, appelée “Castilla- La Manche”.

 Les religieux de notre zone ont vécu une journée de recollection le samedi 07 mars dernier, dans le monastère des soeurs Clarisse de Madridejos.

Bien que notre pèlerinage paroissial soit tombé le même jour, nous avons choisi de participer  à ce temps de rencontre avec le Seigneur et avec nos soeurs. Notre journée de recollection fut présidée par le Père Angel Camuñas, prêtre du diocèse originaire de notre zone. Dans sa conférence, Il a parlé de la catéchèse du Pape François sur l’autoréférence: “La communication au service d’une authentique culture de la rencontre” tiré du Message du saint Père  pour la 48e journée mondiale des communications sociales, du 01 juin 2014. Il nous a rappelé à quel point nous sommes hyperconnectés mais peu communicatifs. Nous vivons dans un monde plein de douleurs: des pleurs, des solitudes, des maladies…et il nous en coûte de faire silence. Pourtant, le premier commandement est d’ “écouter”. “Écoute Israël”, Dt 6,4. Nous ne pouvons pas écouter sans faire silence. Or, la vérité est que nos prières sont souvent distraites, s’arrêter nous coûte, surtout lorsque nous ne ressentons plus rien.

  Pourtant, le Seigneur nous appelle à demeurer avec Lui. C’est une présence mystérieuse et motivante ou fortifiante. N’est-il pas beau de se tenir aux côtés de quelqu’un qui nous aime? Dialoguer avec celui qui nous aime et que nous aimons en retour est infiniment précieux. On ne souhaite pas qu’un tel moment s’interrompe; on ne compte plus son temps. Il devrait en être ainsi avec le Seigneur, qui nous aime tant. Pour répondre par Amour à cet Amour, nous devons être assoifés de cette rencontre, à l’image de la samaritaine allant à la rencontre du Seigneur: “Seigneur donne-moi de cette eau” (Jn4). Dans la prière, l’initiative revient toujours au Seigneur. Peu lui importe notre histoire ou notre passé; ce qui Lui importe, c’est mon être présent qui s’apprête à Le découvrir.  Le prédicateur a poursuivi cet enseignement lors de la première conférence. Puis, nous avons célébré l’Eucharistie dans la chapelle même des soeurs clarisses, suivi d’un agapé fraternel.

Dans  l’après-midi, nous avons poursuivi la conférence en abordant la catechèse du pape Léon XIV sur la Constitution dogmatique “Dei Verbum” du concile vatican II pour une Eglise à l’écoute de la Parole de Dieu. Il a souligné l’importance primordiale de la Parole de Dieu, laquelle est présente dans toutes les célébrations. Écouter la Parole de Dieu c’est revenir à notre vocation initiale: “Retourner à l’amour premier”, comme nous le rapelle notre synode diocésain. Nos fondateurs ont rencontré le Seigneur à travers la Parole et l’ont incarné dans leur quotidien.

Que nous demande le Concile? De retourner au charisme de fondation. Nous sommes ici maintenant, mais que faisons-nous? Quelle est la raison d’être de notre Institut? Notre vie est un signe du Royaume de Dieu. La vie fraternelle exige l’humilité, le dialogue et le partage fraternel. Le prédicateur nous a aidé à nous remettre en question sur notre consécration. Une interrogation a guidé notre reflexion: “Qu’est-ce qui nous unit à Dieu?” comment rendre présent notre charisme au sein de notre paroisse ainsi que dans le diocèse? Comment allons-nous à la rencontre du monde pour y porter le Christ? Nous avons achevé la journée en priant les premières vêpres du troisième dimanche du carême.

La communication est essentielle pour bien vivre ensemble. On peut prendre comme exemple la Trinité : les personnes divines sont en relation et communiquent entre elles. De la même manière, dans nos communautés, nous sommes appelés à échanger et à dialoguer pour vivre cette unité. Tout commence par l’écoute de la Parole de Dieu, à travers laquelle nous entrons en relation avec Lui. Et c’est cette écoute qui nourrit ensuite la qualité de nos échanges les uns avec les autres.

Une autre bonne nouvelle nous remplit de joie et montre combien Dieu prend soin de notre communauté : un paroissien, qui est aussi notre voisin, nous a offert un terrain pour créer un jardin potager. Ce don est une véritable bénédiction. Dans l’esprit de Laudato si’, nous pourrons prendre part à la création en cultivant différentes variétés de légumes et en consommant des produits sains. Tout est déjà en place : un puits riche en eau, un moteur pour la remonter, ainsi qu’un système d’arrosage automatique. Le propriétaire lui-même s’occupera de programmer l’arrosage du jardin. Le Seigneur nous fait ainsi un cadeau inattendu, une grâce que nous n’aurions pas osé espérer. Le Seigneur est bon, íl veille toujours sur ses enfants.

Pour la communauté de Urda,

Soeur Agnès, SCJ