« J’ai confiance en toi »
Lettre pour la solennité de la fête du Sacré-Cœur 27 juin 2025
Chères Sœurs dans le Cœur de Jésus,
Le cœur du Christ ouvert sur la croix nous invite à avancer au large dans l’océan de l’amour de Dieu qui est relation et veut entrer en conversation avec nous. Autant dire que nous sommes convoquées en ce jour à entendre de sa part, au plus intime de notre être : « J’ai confiance en toi ». Cela nous rappelle que la confiance est la base sur laquelle se construit toute relation car elle nous ouvre à l’accueil de l’autre différent de moi et pourtant mon semblable. Pour cela nous avons besoin de fixer longuement le regard sur son humanité blessée qui nous parle du prix de notre propre humanité. Cette contemplation nous donnera de renouveler notre réponse amoureuse des femmes qui ont reconnu l’amour que Dieu a pour nous (Cf. 1 Jn 4,16) et qui prennent le risque de s’engager dans la construction des relations fraternelles, dans le choix d’un style de vie qui ose dire avec le regard et la parole, au cœur de la fragilité propre et celle de l’autre : « Je te fais confiance ». Oui, le Dieu de Jésus est un Dieu de relation qui vient à la rencontre de la brebis perdue comme nous le dit l’évangile du jour. Acceptons-nous d’entrer dans cette relation qui nous entraîne avec lui à aller vers l’autre, au risque d’être blessées à notre tour ? Ce risque ne peut être consenti que dans la foi. En effet, lorsque nous croyons que le Dieu de Jésus est le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob (Mt 22, 32) cela est une manière de reconnaître que Dieu entre en relation avec l’homme, autrement dit c’est une manière d’exprimer notre foi. Or, nous connaissons les textes bibliques qui nous relatent le rapport de ces hommes de foi avec le Dieu d’Israël…D’ailleurs, le oui de Marie ne s’inscrit-il pas dans la foi de ce peuple dont ces hommes, dans leur relation à Dieu, ont consenti à faire confiance ? C’est parce que Dieu est amour qu’il est au cœur de toute relation. Cependant, il nous faut bien reconnaitre que tout en ayant le désir de répondre à cet amour et de construire des relations fraternelles, nous nous trouvons souvent piégées dans l’enfermement (enfer-mement), trop centrées sur nous-mêmes, alors l’amour n’est plus le moteur de la relation, au pire il peut devenir possession de l’autre pour soi. Cette expérience douloureuse qui s’enracine dans la blessure d’amour dont chaque être humain est atteint à cause du péché, ne peut être guérie que par l’accueil de la tendresse de l’amour de Dieu manifesté dans et à travers le cœur de Jésus ouvert sur la croix. C’est en ouvrant notre cœur à cette tendresse qui coule de son sein, en nous abreuvant à cette source que nous devenons capables d’aimer à la manière du Christ et avec lui, cœur à cœur, nous engager, ensemble, dans la construction des relations fraternelles dont notre monde déshumanisé a tant besoin ! Entendre au plus profond de notre cœur de la part du Christ : « J’ai confiance en toi » provoque en nous la même réponse : « J’ai confiance en toi » et à partir de cette expérience j’oserai dire à ma sœur : « Je te fais confiance » …et ensemble nous bâtirons des relations fraternelles qui témoigneront de la tendre miséricorde de Dieu.
Belle fête du Sacré-Cœur à chacune et à toutes en communauté fraternelle.
Affectueusement, Sœur Beny Gamallo
Supérieure génerale